2026 Festival Asse Arcadie

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18. avril 2026 le premier concert

VOIX ET ÂME

Parcours spirituel entre théâtre lyrique et prière mariale

Récital

Sergio Ladu, baryton & Jean-Paul Serra, pianoforte

Dans l’écrin d’une église, ce récital pour baryton et pianoforte prend une dimension particulière : celle d’un chemin intérieur. Si le programme traverse l’opéra et l’air de concert du XVIIIème siècle, il trouve son unité profonde dans une quête spirituelle, celle de l’âme humaine confrontée à l’amour, à la fidélité, au pardon et à la grâce. La musique classique, née au cœur d’une Europe profondément marquée par la foi chrétienne, ne sépare jamais totalement l’art dramatique de l’élan spirituel. Chez Mozart comme chez Haydn, l’expression des passions humaines est toujours traversée par une lumière morale, une recherche d’équilibre et d’élévation. Même dans le théâtre lyrique, la musique dépasse la simple intrigue pour toucher à l’universel. Les airs de concert de Mozart – Io ti lascio, cara, addio ; Per questa bella mano ; Un bacio di mano – révèlent une profondeur expressive où la séparation, la gratitude ou la tendresse deviennent méditation sur la fragilité humaine. Dans l’acoustique résonnante de l’église, ces pages prennent un relief particulier : la voix semble se détacher de la matière pour devenir prière, même lorsque le texte n’est pas explicitement sacré. Les airs de Haydn rappellent que le théâtre musical classique est aussi une école de vérité. Les tourments, les doutes, les élans du cœur qu’ils mettent en scène trouvent dans un lieu sacré une autre résonance : celle de la conscience face à Dieu. L’air de Figaro apporte une touche lumineuse et populaire, montrant que la joie, l’humour et la vivacité font aussi partie de la condition humaine voulue et aimée par le Créateur. Le sommet spirituel du programme est atteint avec Vergin tutt’amor de Durante. Cette prière mariale, d’une pureté bouleversante, inscrit explicitement le récital dans la tradition catholique. La figure de la Vierge Marie, « toute amour », y est invoquée comme médiatrice et consolatrice. Dans l’espace liturgique de l’église, cette œuvre devient plus qu’un morceau de concert : elle devient offrande musicale et moment de recueillement partagé. Le pianoforte, par ses interventions solistes, rappelle la dimension intime de cette musique. Son timbre clair et délicat favorise l’écoute profonde et le silence intérieur. Ainsi, ce récital ne se présente pas comme une simple succession d’airs d’opéra, mais comme un itinéraire : des élans humains vers l’intériorité, puis vers la prière explicite. Dans un lieu consacré, la musique retrouve sa vocation première : élever l’âme, ouvrir un espace de contemplation et rappeler que toute beauté authentique participe, selon la tradition catholique, de la Beauté divine.

PROGRAMME

W.A. MOZART (1756-1791)

Io ti lascio, cara addio, Air de concert

J. HAYDN (1732-1809)

Aria di Lumaca, La scuola de’ Gelosi,

Sonata Hob. XVI : Moderato

W.A. MOZART (1756-1791)

Per questa bella mano, Air de concert

J. HAYDN (1732-1809)

Aria di Corradino, Il disertore

Sonata Hob. XVI : Largo

G. PAISIELLO (1740-1816)

Aria di Figaro, Il barbiere di Siviglia

W.A. MOZART (1756-1791)

Un bacio di mano, Air de concert

Diggi, daggi, Bastien und Bastienne

Fr. DURANTE (1684-1755)

Vergin tutt’amor, Air sacré

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le 6. et le 7. juin le deuxième concert

SOUS LE SOLEIL ET LA CROIX

Musique à la Chapelle du Royale

Sharman Plesner, violon baroque

Anne-Garance Fabre dit Garrus, viole de gambe et violoncelle Jean-Paul Serra, clavecin

Sous le règne de Louis XIV, la musique occupait une place essentielle dans la vie politique, artistique et spirituelle du royaume. À Versailles, la Chapelle Royale constituait le cœur religieux de la cour : chaque jour, le souverain assistait à la messe, et la musique y servait non seulement la liturgie, mais aussi l’expression visible d’un royaume placé sous le regard de Dieu. Dans cette France du Grand Siècle, l’art n’est jamais séparé de la foi. La splendeur architecturale de Versailles répond à une vision théologique du pouvoir : le Roi-Soleil, lieutenant de Dieu sur terre, gouverne un royaume profondément catholique. Au cœur de cette tradition se trouve François Couperin, organiste du Roi. Ses Concerts Royaux ne sont pas de simples divertissements de salon : ils expriment un art de l’équilibre, de la mesure et de la lumière. Les danses stylisées – Allemande, Sarabande, Gavotte,Gigue – deviennent une architecture sonore, ordonnée comme les jardins de Versailles. Les sonates de François Francoeur et de Jean-Marie Leclair témoignent d’une évolution stylistique : la France s’ouvre aux influences italiennes tout en conservant une noblesse particulière et une clarté lumineuse. La Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont de Paris de Marin Marais introduit explicitement la dimension sacrée. Évoquant la cloche de l’église parisienne dédiée à la sainte patronne de la capitale, la basse obstinée crée un espace méditatif où le temps semble suspendu. Dans l’acoustique d’une église, ce programme retrouve son cadre naturel. Les résonances prolongent les lignes mélodiques, le dialogue entre violon et viole devient conversation spirituelle, et le continuo ancre l’ensemble dans une respiration presque liturgique. Ce concert invite à redécouvrir une époque où grandeur artistique et dévotion catholique formaient un tout indissociable. Sous le Soleil de Versailles brillait une lumière plus haute encore : celle de la foi.

Fr. COUPERIN (1668-1733)

Concerts Royaux 1722

Concert I : Prélude-Allemande-Sarabande-Gavotte-Gigue-Menuet

Fr. FRANCOEUR (1698-1787)

Extrait du 2ème Livre 1720

Sonate XII : Adagio-Courante-sicilienne-Rondeau

J. M. LECLAIR (1697-1764)

Extrait du 3ème Livre 1734

Sonate III : Andante-Allegro-Sarabande-Tambourin

Fr. COUPERIN (1668-1733)

Concerts Royaux 1722

Concert II: Prélude-Allemande fuguée-Air tendre-Air contre fugué-Echos

M. MARAIS (1656-1728)

Sonnerie de Ste. Genevieve du Mont de Paris (1723)

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le 4 et le 5 juillet le troisième concert

4 JUILLET 2026

Les Divins Saxons

Parcours spirituel entre théâtre lyrique et prière mariale

Benjamin Gaspon, traverso

Jean-Paul Serra, orgue

Ce programme explore la sonate pour instrument mélodique et clavier dans la première moitié du XVIIIème siècle, à travers trois figures majeures du baroque européen : Georg Friedrich Haendel (1685-1759), John Stanley (1712-1786) et Johann Sebastian Bach (1685-1750). Il met en lumière l’évolution du rôle du clavier — de la basse continue vers la partie obligée — ainsi que la transformation du langage instrumental entre style italien, tradition anglaise et synthèse germanique.

Haendel : la sonate en trio transposée

Les Sonates HWV 363b (sol majeur) et HWV 374 (la mineur) s’inscrivent dans la tradition de la sonata da chiesa italienne. On y observe l’alternance lent/rapide caractéristique, une écriture mélodique fondée sur la périodicité et la séquence, ainsi qu’un continuo structurant l’harmonie sans autonomie contrapuntique développée. Les mouvements de danse relèvent d’une stylisation intégrée à l’architecture de la sonate. Harmoniquement, Haendel privilégie des progressions séquentielles claires et des modulations vers les tonalités voisines.

Stanley : le voluntary anglais

Le Voluntary VIII op. 7 appartient à la tradition organistique anglaise issue de Purcell. Le voluntary se caractérise par une succession de sections contrastées et une alternance entre style homophonique et écriture fuguée. La fugue finale illustre une écriture contrapuntique maîtrisée, avec sujet clairement profilé et épisodes modulants relativement concis.

Bach : le clavier obligé

Les Sonates BWV 1032 et BWV 1031 représentent une étape décisive : le passage à la sonate pour clavier obligé et instrument mélodique. Le clavier est écrit sur deux portées avec main droite concertante, formant une texture réellement contrapuntique à trois voix. Les mouvements lents reposent sur des retards expressifs et une harmonie enrichie, tandis que les mouvements rapides adoptent une écriture imitative structurée et cohérente. Le Prélude de la Suite BWV 1007, transcrit pour flûte, repose sur un déploiement continu d’arpèges construisant implicitement la progression harmonique.

Ce programme permet ainsi d’observer trois états du langage instrumental baroque: continuité italienne chez Haendel, tradition nationale anglaise chez Stanley, et aboutissement contrapuntique chez Bach.

PROGRAMME

Georg Friedrich Haendel (1685-1759) 

Sonate en sol Majeur (HWV 363b) : Adagio – Allegro – Bourrée – Menuet

Sonate en la mineur (HWV 374) : Adagio – Allegro – Adagio – Allegro

Johnn Stanley (1712-1786)

Voluntary VIII en la mineur (opus 7) : Andante – Allegro – Adagio – Fugue

Johann Sebastian Bach (1685-1750)

Sonate pour flûte et clavier obligé en la Majeur (BWV 1032) :

Vivace – Largo e dolce – Allegro

Extrait suite pour violoncelle (BWV 1007) arrangement pour flûte : Prélude

Sonate pour flûte et clavier obligé en mib Majeur (BWV 1031) :

Allegro moderato – Siciliano – Allegro

Récital Église Notre-Dame de Assomption, Entrevaux

Dimanche 5 juillet 2026

Olivier Baumont, orgue

Ce programme d’orgue s’inscrit dans la tradition du répertoire français des XVIIe et XVIIIe siècles, à la croisée du sacré et du profane. Le manuscrit d’Entrevaux, attribué à Félix Delmotte vers 1774, témoigne d’une pratique locale vivante, nourrie des grands modèles parisiens. Ses pièces, telles que le Te Deum, les jeux doux ou les évocations naturalistes comme le Rossignol coucou, illustrent la richesse des registrations et des caractères propres à l’orgue classique français. À travers ces pages anonymes ou peu connues, se dessine un langage profondément ancré dans la liturgie mais ouvert à l’imaginaire sonore.

Les œuvres de Michel Corrette prolongent cette esthétique en y ajoutant une dimension pédagogique et descriptive, caractéristique de l’esprit des Lumières. Ses pièces mêlent clarté formelle, expressivité immédiate et goût pour les tableaux sonores. Chez Beauvarlet-Charpentier, la fugue affirme une rigueur contrapuntique héritée de la tradition, tout en conservant une lisibilité accessible. Balbastre, quant à lui, incarne une écriture plus brillante, tournée vers l’effet et la virtuosité, notamment dans les dialogues de grands jeux.

L’alternance entre pièces liturgiques et pièces de caractère reflète la diversité des usages de l’orgue à la fin de l’Ancien Régime.

Ce programme met ainsi en lumière un moment charnière où l’orgue quitte peu à peu son rôle strictement liturgique pour s’ouvrir à une dimension concertante. Les évocations pastorales, les marches et les tambourins traduisent l’influence de la musique populaire et théâtrale. Dans ce contexte, l’orgue devient un instrument de narration, capable de suggérer des paysages et des affects variés.

L’interprétation d’Olivier Baumont s’inscrit dans une démarche historiquement informée, attentive aux styles et aux registrations d’époque. Elle redonne vie à un patrimoine sonore souvent méconnu, en restituant sa richesse et sa diversité. Ce récital constitue ainsi une immersion dans l’esthétique française de l’orgue, entre tradition, invention et expressivité.

PROGRAMME

Sept pièces du manuscrit d’orgue d’Entrevaux, ayant appartenu à Félix Delmotte (c. 1774)

  • Te Deum
  • Duo
  • Jeu doux
  • Musette
  • Rossignol coucou
  • Dessus de trompette
  • Cornet

Michel Corrette (1707-1795)

  • Plein Jeu du VIe ton (Deuxième Livre de Pièces d’Orgue, Paris, 1750)
  • 1ère Marche des Ombres Heureuses & 2ème Marche des Ombres heureuses (VIIIe Livre des Amusemens du Parnasse, Paris, 1772)
  • Les Etoiles (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)

Jean-Jacques Beauvarlet- Charpentier (1734-1794)

  • Fuga IV (Six Fugues pour orgue ou clavecin, Paris, 1777)
  • Fuga III (Journal d’Orgue, Paris, 1783)

Claude Balbastre (1724-1799)

Quatre pièces extraites du Livre contenant des pièces de différents genres d’Orgue et de Clavecin (Manuscrit autographe, Dijon, 1749)

  • Duo
  • Trio
  • Concert de flûte et de voix humaine
  • Dialogue Grands Jeux

Michel Corrette (1707-1795)

  • Plein Jeu du 2e ton (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
  • Le Courrier (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
  • Les Amants Enchantés (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
  • 1ère Musette & 2ème Musette (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
  • 1er & 2e Tambourins (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
  • Grand Jeu avec le tonnerre (Pièces pour l’Orgue dans un genre nouveau, Paris, 1787)

Curieux, passionné et érudit, si les qualités de musicien d’Olivier Baumont sont très vite reconnues, son sens aigu de la communication (master classes, conférences, émissions de radio et télévision) et son bonheur d’être sur scène comme de partager avec d’autres arts son goût pour les XVIIe et XVIIIe siècles