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18. avril 2026 le premier concert

VOIX ET ÂME
Parcours spirituel entre théâtre lyrique et prière mariale
Récital
Sergio Ladu, baryton & Jean-Paul Serra, pianoforte
Dans l’écrin d’une église, ce récital pour baryton et pianoforte prend une dimension particulière : celle d’un chemin intérieur. Si le programme traverse l’opéra et l’air de concert du XVIIIème siècle, il trouve son unité profonde dans une quête spirituelle, celle de l’âme humaine confrontée à l’amour, à la fidélité, au pardon et à la grâce. La musique classique, née au cœur d’une Europe profondément marquée par la foi chrétienne, ne sépare jamais totalement l’art dramatique de l’élan spirituel. Chez Mozart comme chez Haydn, l’expression des passions humaines est toujours traversée par une lumière morale, une recherche d’équilibre et d’élévation. Même dans le théâtre lyrique, la musique dépasse la simple intrigue pour toucher à l’universel. Les airs de concert de Mozart – Io ti lascio, cara, addio ; Per questa bella mano ; Un bacio di mano – révèlent une profondeur expressive où la séparation, la gratitude ou la tendresse deviennent méditation sur la fragilité humaine. Dans l’acoustique résonnante de l’église, ces pages prennent un relief particulier : la voix semble se détacher de la matière pour devenir prière, même lorsque le texte n’est pas explicitement sacré. Les airs de Haydn rappellent que le théâtre musical classique est aussi une école de vérité. Les tourments, les doutes, les élans du cœur qu’ils mettent en scène trouvent dans un lieu sacré une autre résonance : celle de la conscience face à Dieu. L’air de Figaro apporte une touche lumineuse et populaire, montrant que la joie, l’humour et la vivacité font aussi partie de la condition humaine voulue et aimée par le Créateur. Le sommet spirituel du programme est atteint avec Vergin tutt’amor de Durante. Cette prière mariale, d’une pureté bouleversante, inscrit explicitement le récital dans la tradition catholique. La figure de la Vierge Marie, « toute amour », y est invoquée comme médiatrice et consolatrice. Dans l’espace liturgique de l’église, cette œuvre devient plus qu’un morceau de concert : elle devient offrande musicale et moment de recueillement partagé. Le pianoforte, par ses interventions solistes, rappelle la dimension intime de cette musique. Son timbre clair et délicat favorise l’écoute profonde et le silence intérieur. Ainsi, ce récital ne se présente pas comme une simple succession d’airs d’opéra, mais comme un itinéraire : des élans humains vers l’intériorité, puis vers la prière explicite. Dans un lieu consacré, la musique retrouve sa vocation première : élever l’âme, ouvrir un espace de contemplation et rappeler que toute beauté authentique participe, selon la tradition catholique, de la Beauté divine.
PROGRAMME
W.A. MOZART (1756-1791)
Io ti lascio, cara addio, Air de concert
J. HAYDN (1732-1809)
Aria di Lumaca, La scuola de’ Gelosi,
Sonata Hob. XVI : Moderato
W.A. MOZART (1756-1791)
Per questa bella mano, Air de concert
J. HAYDN (1732-1809)
Aria di Corradino, Il disertore
Sonata Hob. XVI : Largo
G. PAISIELLO (1740-1816)
Aria di Figaro, Il barbiere di Siviglia
W.A. MOZART (1756-1791)
Un bacio di mano, Air de concert
Diggi, daggi, Bastien und Bastienne
Fr. DURANTE (1684-1755)
Vergin tutt’amor, Air sacré
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le 6. et le 7. juin le deuxième concert

SOUS LE SOLEIL ET LA CROIX
Musique à la Chapelle du Royale
Sharman Plesner, violon baroque
Anne-Garance Fabre dit Garrus, viole de gambe et violoncelle Jean-Paul Serra, clavecin
Sous le règne de Louis XIV, la musique occupait une place essentielle dans la vie politique, artistique et spirituelle du royaume. À Versailles, la Chapelle Royale constituait le cœur religieux de la cour : chaque jour, le souverain assistait à la messe, et la musique y servait non seulement la liturgie, mais aussi l’expression visible d’un royaume placé sous le regard de Dieu. Dans cette France du Grand Siècle, l’art n’est jamais séparé de la foi. La splendeur architecturale de Versailles répond à une vision théologique du pouvoir : le Roi-Soleil, lieutenant de Dieu sur terre, gouverne un royaume profondément catholique. Au cœur de cette tradition se trouve François Couperin, organiste du Roi. Ses Concerts Royaux ne sont pas de simples divertissements de salon : ils expriment un art de l’équilibre, de la mesure et de la lumière. Les danses stylisées – Allemande, Sarabande, Gavotte,Gigue – deviennent une architecture sonore, ordonnée comme les jardins de Versailles. Les sonates de François Francoeur et de Jean-Marie Leclair témoignent d’une évolution stylistique : la France s’ouvre aux influences italiennes tout en conservant une noblesse particulière et une clarté lumineuse. La Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont de Paris de Marin Marais introduit explicitement la dimension sacrée. Évoquant la cloche de l’église parisienne dédiée à la sainte patronne de la capitale, la basse obstinée crée un espace méditatif où le temps semble suspendu. Dans l’acoustique d’une église, ce programme retrouve son cadre naturel. Les résonances prolongent les lignes mélodiques, le dialogue entre violon et viole devient conversation spirituelle, et le continuo ancre l’ensemble dans une respiration presque liturgique. Ce concert invite à redécouvrir une époque où grandeur artistique et dévotion catholique formaient un tout indissociable. Sous le Soleil de Versailles brillait une lumière plus haute encore : celle de la foi.
Fr. COUPERIN (1668-1733)
Concerts Royaux 1722
Concert I : Prélude-Allemande-Sarabande-Gavotte-Gigue-Menuet
Fr. FRANCOEUR (1698-1787)
Extrait du 2ème Livre 1720
Sonate XII : Adagio-Courante-sicilienne-Rondeau
J. M. LECLAIR (1697-1764)
Extrait du 3ème Livre 1734
Sonate III : Andante-Allegro-Sarabande-Tambourin
Fr. COUPERIN (1668-1733)
Concerts Royaux 1722
Concert II: Prélude-Allemande fuguée-Air tendre-Air contre fugué-Echos
M. MARAIS (1656-1728)
Sonnerie de Ste. Genevieve du Mont de Paris (1723)
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le 4 et le 5 juillet le troisième concert

4 JUILLET 2026
Les Divins Saxons
Parcours spirituel entre théâtre lyrique et prière mariale
Benjamin Gaspon, traverso
Jean-Paul Serra, orgue
Ce programme explore la sonate pour instrument mélodique et clavier dans la première moitié du XVIIIème siècle, à travers trois figures majeures du baroque européen : Georg Friedrich Haendel (1685-1759), John Stanley (1712-1786) et Johann Sebastian Bach (1685-1750). Il met en lumière l’évolution du rôle du clavier — de la basse continue vers la partie obligée — ainsi que la transformation du langage instrumental entre style italien, tradition anglaise et synthèse germanique.
Haendel : la sonate en trio transposée
Les Sonates HWV 363b (sol majeur) et HWV 374 (la mineur) s’inscrivent dans la tradition de la sonata da chiesa italienne. On y observe l’alternance lent/rapide caractéristique, une écriture mélodique fondée sur la périodicité et la séquence, ainsi qu’un continuo structurant l’harmonie sans autonomie contrapuntique développée. Les mouvements de danse relèvent d’une stylisation intégrée à l’architecture de la sonate. Harmoniquement, Haendel privilégie des progressions séquentielles claires et des modulations vers les tonalités voisines.
Stanley : le voluntary anglais
Le Voluntary VIII op. 7 appartient à la tradition organistique anglaise issue de Purcell. Le voluntary se caractérise par une succession de sections contrastées et une alternance entre style homophonique et écriture fuguée. La fugue finale illustre une écriture contrapuntique maîtrisée, avec sujet clairement profilé et épisodes modulants relativement concis.
Bach : le clavier obligé
Les Sonates BWV 1032 et BWV 1031 représentent une étape décisive : le passage à la sonate pour clavier obligé et instrument mélodique. Le clavier est écrit sur deux portées avec main droite concertante, formant une texture réellement contrapuntique à trois voix. Les mouvements lents reposent sur des retards expressifs et une harmonie enrichie, tandis que les mouvements rapides adoptent une écriture imitative structurée et cohérente. Le Prélude de la Suite BWV 1007, transcrit pour flûte, repose sur un déploiement continu d’arpèges construisant implicitement la progression harmonique.
Ce programme permet ainsi d’observer trois états du langage instrumental baroque: continuité italienne chez Haendel, tradition nationale anglaise chez Stanley, et aboutissement contrapuntique chez Bach.
PROGRAMME
Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
Sonate en sol Majeur (HWV 363b) : Adagio – Allegro – Bourrée – Menuet
Sonate en la mineur (HWV 374) : Adagio – Allegro – Adagio – Allegro
Johnn Stanley (1712-1786)
Voluntary VIII en la mineur (opus 7) : Andante – Allegro – Adagio – Fugue
Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Sonate pour flûte et clavier obligé en la Majeur (BWV 1032) :
Vivace – Largo e dolce – Allegro
Extrait suite pour violoncelle (BWV 1007) arrangement pour flûte : Prélude
Sonate pour flûte et clavier obligé en mib Majeur (BWV 1031) :
Allegro moderato – Siciliano – Allegro
Récital Église Notre-Dame de Assomption, Entrevaux
Dimanche 5 juillet 2026
Olivier Baumont, orgue
Ce programme d’orgue s’inscrit dans la tradition du répertoire français des XVIIe et XVIIIe siècles, à la croisée du sacré et du profane. Le manuscrit d’Entrevaux, attribué à Félix Delmotte vers 1774, témoigne d’une pratique locale vivante, nourrie des grands modèles parisiens. Ses pièces, telles que le Te Deum, les jeux doux ou les évocations naturalistes comme le Rossignol coucou, illustrent la richesse des registrations et des caractères propres à l’orgue classique français. À travers ces pages anonymes ou peu connues, se dessine un langage profondément ancré dans la liturgie mais ouvert à l’imaginaire sonore.
Les œuvres de Michel Corrette prolongent cette esthétique en y ajoutant une dimension pédagogique et descriptive, caractéristique de l’esprit des Lumières. Ses pièces mêlent clarté formelle, expressivité immédiate et goût pour les tableaux sonores. Chez Beauvarlet-Charpentier, la fugue affirme une rigueur contrapuntique héritée de la tradition, tout en conservant une lisibilité accessible. Balbastre, quant à lui, incarne une écriture plus brillante, tournée vers l’effet et la virtuosité, notamment dans les dialogues de grands jeux.
L’alternance entre pièces liturgiques et pièces de caractère reflète la diversité des usages de l’orgue à la fin de l’Ancien Régime.
Ce programme met ainsi en lumière un moment charnière où l’orgue quitte peu à peu son rôle strictement liturgique pour s’ouvrir à une dimension concertante. Les évocations pastorales, les marches et les tambourins traduisent l’influence de la musique populaire et théâtrale. Dans ce contexte, l’orgue devient un instrument de narration, capable de suggérer des paysages et des affects variés.
L’interprétation d’Olivier Baumont s’inscrit dans une démarche historiquement informée, attentive aux styles et aux registrations d’époque. Elle redonne vie à un patrimoine sonore souvent méconnu, en restituant sa richesse et sa diversité. Ce récital constitue ainsi une immersion dans l’esthétique française de l’orgue, entre tradition, invention et expressivité.
PROGRAMME
Sept pièces du manuscrit d’orgue d’Entrevaux, ayant appartenu à Félix Delmotte (c. 1774)
- Te Deum
- Duo
- Jeu doux
- Musette
- Rossignol coucou
- Dessus de trompette
- Cornet
Michel Corrette (1707-1795)
- Plein Jeu du VIe ton (Deuxième Livre de Pièces d’Orgue, Paris, 1750)
- 1ère Marche des Ombres Heureuses & 2ème Marche des Ombres heureuses (VIIIe Livre des Amusemens du Parnasse, Paris, 1772)
- Les Etoiles (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
Jean-Jacques Beauvarlet- Charpentier (1734-1794)
- Fuga IV (Six Fugues pour orgue ou clavecin, Paris, 1777)
- Fuga III (Journal d’Orgue, Paris, 1783)
Claude Balbastre (1724-1799)
Quatre pièces extraites du Livre contenant des pièces de différents genres d’Orgue et de Clavecin (Manuscrit autographe, Dijon, 1749)
- Duo
- Trio
- Concert de flûte et de voix humaine
- Dialogue Grands Jeux
Michel Corrette (1707-1795)
- Plein Jeu du 2e ton (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
- Le Courrier (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
- Les Amants Enchantés (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
- 1ère Musette & 2ème Musette (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
- 1er & 2e Tambourins (Premier Livre de Pièces de Clavecin, Paris, 1734)
- Grand Jeu avec le tonnerre (Pièces pour l’Orgue dans un genre nouveau, Paris, 1787)
Curieux, passionné et érudit, si les qualités de musicien d’Olivier Baumont sont très vite reconnues, son sens aigu de la communication (master classes, conférences, émissions de radio et télévision) et son bonheur d’être sur scène comme de partager avec d’autres arts son goût pour les XVIIe et XVIIIe siècles
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Les concerts du mois d’août

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PROGRAMME 1ER AOUT 2026
J. HAYDN (1732-1809)
Lumière et Consolation
Méditations musicales et spirituelles autour de Joseph Haydn
Benjamin Gaspon, traverso
Anne-Garance Fabre dit Garrus, violoncelle
Jean-Paul Serra, pianoforte
Joseph Haydn fut un homme profondément croyant. À la fin de nombreuses partitions, il inscrivait les mots « Laus Deo » – Louange à Dieu – ou encore « In nomine Domini ». Pour lui, composer relevait d’un acte de gratitude. La musique était une prière rendue audible, une architecture sonore au service de la lumière. Ce programme propose d’entendre ses trios pour pianoforte, violoncelle et traverso comme des méditations intérieures. Sous leur apparente élégance classique, ces œuvres rayonnent d’une joie confiante, d’un équilibre lumineux, d’une paix presque cosmique. Les trois trios choisis (Hob. XV:15 en sol majeur, XV:16 en ré majeur, XV:17 en fa majeur) tracent un itinéraire spirituel. Les mouvements rapides célèbrent l’élan vital, la création en mouvement, la danse du monde. Les mouvements lents ouvrent un espace de contemplation, de douceur et d’abandon. En miroir de ces œuvres instrumentales, une arietta extraite de l’oratorio « La Création » (1798) vient rappeler la source spirituelle de cette musique. Cette page, célébrant la nature renouvelée et la beauté du monde, témoigne de la foi simple et émerveillée de Haydn. Écouter Haydn ici, c’est accueillir une lumière paisible. C’est redécouvrir que la joie peut être prière, que l’équilibre peut être espérance, et que la musique, dans sa pureté, demeure un espace de consolation.
Trio n° 17 (Hob. XV) fa M : Allegro-Finale tempo di Menuetto
Trio n° 16 (Hob. XV) ré M : Allegro-Andantino piuttosto Allegretto
Trio n° 15 (Hob. XV) sol M : Allegro-Andante-Finale-Vivace assai
Arietta « Nun beut die Flur das frische Grün » extrait de La Création
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PROGRAMME 3 AOUT 2026
FIAT LUX
de la Création à l’Amour transfiguré
Constantino Mastroprimiano, pianoforte
Il existe, au commencement de toute chose, un frémissement imperceptible — un souffle suspendu entre l’ombre et la clarté. Ce récital propose de suivre ce passage mystérieux : du chaos à la lumière, de l’inquiétude intérieure à l’amour transfiguré. Avec « Die Vorstellung des Chaos » extrait de La Création, Joseph Haydn donne à entendre l’instant précédant l’ordre du monde. Rien n’est encore fixé. Les harmonies hésitent, les tonalités se cherchent, comme si la matière sonore elle-même attendait la parole fondatrice : « Que la lumière soit ». Au pianoforte, cette fresque cosmique devient confidence intime. L’ombre n’est pas absence, mais promesse. Les deux sonates WoO 47 de Ludwig van Beethoven prolongent cette lumière dans l’espace intérieur. La première chante avec simplicité : l’Allegro cantabile s’élève comme une prière sans ostentation ; l’Andante médite ; le Rondo vivace éclaire l’âme d’une joie paisible. Les neuf Variations sur une marche de Dressler font entendre le chemin. Marcher, c’est avancer malgré l’incertitude. Variation après variation, le thème se transforme, s’approfondit, s’illumine — comme l’être humain traversant les épreuves de l’existence. La seconde sonate WoO 47 introduit une gravité nouvelle. Le Larghetto maestoso déploie une majesté presque liturgique. Puis l’élan renaît jusqu’au Presto final, affirmation vibrante d’une confiance reconquise. Enfin, les vingt-quatre Variations sur « Venni Amore » ouvrent un espace de transfiguration. À partir d’un thème simple, Beethoven construit une architecture lumineuse. L’amour humain devient matière à élévation, traversant grâce, profondeur et jubilation. Le pianoforte, par sa clarté et sa fragilité, permet d’entendre cette musique dans son dépouillement originel. Chaque nuance devient parole. Chaque silence devient respiration. De l’ombre à la lumière. Du chaos à l’amour. Un itinéraire intérieur confié à un seul instrument, comme une méditation offerte à l’écoute et au recueillement.
F.J.HAYDN (1732-1809)
Transcription par C. CZERNY de l’oratorio La Création (Die Schöpfung, Hob.XXI:2)
n. 1 Die Vorstellung des Chaos
L. van BEETHOVEN (1770-1827)
Sonata WoO 47 n. 1
- Allegro cantabile
- Andante
- Rondo vivace
9 Variations d’après une Marche par Dressler WoO 63
Sonata WoO 47 n. 2
- Larghetto maestoso – Allegro assai
- Andante
- Presto
24 Variations d’après „ Venni Amore „ par Vincenzio Righini WoO 65
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PROGRAMME 5 AOUT 2026
L’échos des Sphères
Voyages dans la musique baroque italienne du 17ème siècle
Ensemble Musica ex Anima
Géraldine Jeannot, soprano
Maximin Marchand, contre ténor
Déborah Gherson Ganem, clavecin
Au fil de ce programme, se dessine la naissance d’un monde nouveau. À l’aube du
XVIIe siècle, l’Europe musicale quitte peu à peu la polyphonie savante de la Renaissance — architecture sonore aux lignes entremêlées comme les voûtes d’une cathédrale — pour s’ouvrir à un langage plus direct, plus incarné : la monodie accompagnée.
L’Italie devient le foyer ardent de cette révolution esthétique. Une ou deux voix, soutenues par la basse continue (clavecin et violoncelle), portent désormais le texte avec une intensité inédite. Le mot prime, l’affect s’exprime, l’âme se dévoile. Ce Nuovo Stile prépare la naissance de l’opéra, mais il puise aussi profondément dans la spiritualité de son temps : la musique ne se contente plus d’orner, elle touche, elle bouleverse, elle élève.
Avant la conclusion du programme, une halte d’une grande profondeur méditative nous est offerte avec Dormi, Figlio de Johannes Hieronymus Kapsberger (1580-1651), duo pour soprano et contre-ténor.
Cette berceuse sacrée place l’auditeur au cœur du mystère de la Nativité. Une voix maternelle contemple l’Enfant endormi — fragile, vulnérable — tandis que l’autre voix semble en refléter l’écho intérieur, comme une conscience prophétique. Sous la douceur du balancement mélodique affleure déjà la gravité du destin : le sommeil de l’Enfant annonce le repos du Crucifié. La tendresse se mêle à la prescience, la lumière à l’ombre.
La simplicité expressive de cette page est emblématique du nouveau langage baroque : peu de voix, mais une intensité dramatique profonde ; peu d’ornements, mais une vérité brûlante. La musique devient prière, méditation intime, presque suspension du temps.
Ainsi, à travers ces œuvres rares, l’ensemble Musica ex Anima propose un itinéraire intérieur : un passage de la complexité savante à l’expression directe, du tissage polyphonique à la parole incarnée. Un théâtre de l’âme où chaque affect — amour, crainte, compassion, espérance — devient chemin vers la lumière.
Comme un écho venu du XVIIe siècle, cette musique nous invite à écouter non seulement avec l’oreille, mais avec le cœur.
JOHANNES HIERONYMUS KAPSBERGER (1580-1651) Lascivette pastorelle duo soprano et contre-ténor
FRANCESCO CAVALLI(1602-1676)
La Callisto ⎪Endimione⎪pour contre-ténor
La Callisto ⎪duo «Diana & Endiomione» pour soprano et contre-ténor
Gli amori di Apollo e Dafne⎪Filena pour soprano
GIROLAMO FRESCOBALDI(1583-1643) Toccata⎪pour clavecin
GIULIO CACCINI(1551-1618)
Tu ch’hai le penne, Amore⎪pour contre-ténor
Amor Io parto⎪pour soprano
Fortunato augellino⎪pour contre-ténor
CLAUDIO MONTEVERDI(1567-1643)
L’Orfeo⎪La musica⎪pour soprano
Quel sguardo sdegnosetto⎪pour contre-ténor
Si dolce e’l tormento⎪pour soprano
GIOVANNI PAOLO CIMA (1570-1630) Sonata⎪ pour flûte et basse continue
JOHANNES HIERONYMUS KAPSBERGER Dormi figlio⎪pour soprano et contre-ténor
CLAUDIO MONTEVERDI (1567-1643) Zefiro torna⎪pour soprano et contre-ténor
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PROGRAMME 8 AOUT 2026
Concert restitution du travails des ateliers chant choral et théâtre
(programme en construction dépendant du travail des ateliers)
L’orfeo
Lamentations et résurection
Maximin Marchand, contre ténor, direction
Raphaëlle Dubois, comédienne et direction
Ensemble Baroques-Graffiti
Jean-Paul Serra, clavecin et direction
Ce concert de fin de stage n’est pas seulement l’aboutissement d’un travail artistique ; il est un cheminement intérieur. Pendant plusieurs jours, chant choral et théâtre ont exploré une figure fondatrice de notre imaginaire occidental : Orphée.
Mythe païen, certes — mais mythe profondément spirituel. Orphée est celui qui descend aux enfers par amour. Par son chant, il tente d’arracher Eurydice à la mort. Sa voix devient prière, supplication, espérance. Son art franchit les frontières du visible et de l’invisible.
Le chœur interprétera trois airs de L’Orfeo de Claudio Monteverdi, œuvre fondatrice où le chant humain, dans sa nudité expressive, devient instrument de vérité. Monteverdi fait d’Orphée une figure presque christique : un être qui affronte les ténèbres par la seule force de l’amour.
Trois airs de Orfeo ed Euridice de Christoph Willibald Gluck viendront prolonger cette méditation. Plus épurée, plus lumineuse, la musique de Gluck transforme la douleur en supplication pure. L’air célèbre « J’ai perdu mon Eurydice » résonne comme un psaume de détresse, une lamentation biblique portée par la fragilité humaine.
Au cœur du programme, comme une clé de lecture spirituelle, le chef de chœur interprétera Filiae maestae Jerusalem de Antonio Vivaldi. Cette page sacrée, inspirée des Lamentations, donne voix à la douleur de Jérusalem abandonnée. Ici, la plainte devient prière. La souffrance devient offrande. À la lumière de Vivaldi, le mythe d’Orphée prend une dimension nouvelle : la descente aux enfers n’est plus seulement tragédie, elle devient traversée rédemptrice.
Le groupe de théâtre, ayant travaillé tout au long du stage sur le mythe d’Orphée, donnera chair et parole à cette quête. Le geste, le silence, la parole incarnée dialogueront avec la musique. Le mythe ancien rejoindra ainsi la méditation spirituelle : qu’est-ce qu’aimer, sinon accepter de descendre dans la nuit pour espérer la lumière ?
En agençant le programme autour de la pièce sacrée de Vivaldi, ce concert propose une lecture intérieure du mythe : du cri humain d’Orphée à la plainte biblique de Jérusalem, de la perte à l’espérance.
Car au-delà du mythe et de la scène, demeure une vérité universelle : la voix humaine, lorsqu’elle chante, porte toujours en elle un désir de salut.
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PROGRAMME DU 7 AOÛT 2026
MUSIQUE TRADITIONNELLE SUÉDOISE
Entre ciel et terre – la prière du peuple suédois
Duo Tirggana
Colin Heller — nyckelharpa
Anne-Sophie Eisele — viole de gambe
Dans les vastes paysages de Suède — forêts profondes, lacs
immobiles, ciels d’hiver d’une transparence infinie — la musique
traditionnelle s’est longtemps élevée comme une prière discrète. Elle
n’est pas née dans les cathédrales ni dans les palais, mais dans les
villages, les fermes et les chemins. Pourtant, elle porte en elle une
dimension spirituelle profonde : celle d’un peuple pour qui la nature, la
communauté et la foi constituent un même horizon.
Depuis la Réforme luthérienne au XVIe siècle, la vie religieuse suédoise
s’est profondément enracinée dans la culture populaire. Les cantiques,
les marches d’église (kyrkmarsch), les mélodies de procession ou de
sortie d’office accompagnaient les grandes étapes de la vie :
baptêmes, mariages, funérailles et fêtes liturgiques. Ces musiques ne
restaient pas confinées à l’espace sacré : elles circulaient librement
entre l’église et la maison, entre la prière et la danse.
La polska, l’une des formes musicales les plus emblématiques de
Suède, ouvre ce programme. Son mouvement tournoyant évoque la
lente respiration du paysage nordique et le cycle des saisons. Dans ces
danses parfois méditatives se devine une dimension rituelle où la
communauté se rassemble autour d’une mémoire commune.
Les valses et mélodies transmises par les musiciens traditionnels
témoignent d’une circulation vivante des airs à travers les générations.
Chaque interprète devient dépositaire d’une tradition où la musique
est à la fois souvenir, célébration et transmission.
Certaines pièces évoquent également un imaginaire très ancien, où
traditions païennes et spiritualité chrétienne se rencontrent. Ainsi
Björndansen, la « danse de l’ours », rappelle les symboles puissants de
la nature nordique, tandis que les kyrkmarscher — marches d’église —
accompagnaient autrefois les processions et les sorties d’office.
Au cœur de ce programme se trouve le cantique Hela världen klagar
sig, associé à une kyrkmarsch de Jon‑Erik Hall. Dans ces pages simples
et profondément expressives, la musique devient prière : une
méditation sur la fragilité humaine et l’espérance.
Les créations plus récentes prolongent cette tradition. Elles témoignent
de la vitalité actuelle de la musique suédoise, où les compositeurs et
musiciens continuent d’explorer les paysages sonores hérités des
traditions anciennes.
À travers ces airs transmis de génération en génération, c’est
finalement une même voix qui se fait entendre : celle d’un peuple qui,
au cœur de la nature immense, élève son chant entre ciel et terre.
PROGRAMME
Polska efter Sven Donat (trad. Suède)
Vals efter Jan Olof Olsson / Valse à Marcel (trad. Suède – Colin Heller)
Björndansen (trad. Suède)
Dragonmössan efter Andreas Grevelius / Pollonesse efter Johann
Christian Svabonio / Polonaise efter Pehr Andersson (trad. Suède)
Hela världen klagar sig, cantique / Kyrkmarsch av Jon‑Erik Hall
(musique sacrée, trad. Suède)
Snötigrar (Colin Heller)
Karolinermarsch / Avskedsgånglåt (Eric Sahlström)
Långdansmelodi efter Gimbergssons notbok (trad. Suède)
Trollfågel’n (trad. Suède)